Les semences paysannes, un combat essentiel

Semences et plants : une perte d’autonomie pour les paysans français au profit du secteur agro-industriel © photo CBD

Les semences paysannes résultent d’un travail réalisé par des paysans et des associations, de manière isolée et indépendante. Ceux-ci ont sélectionné et multiplié des semences et des plants adaptés à leur terroir ou présentant des caractéristiques qualitatives intéressantes, en fonction de plusieurs critères : modes de production (biologique ou autonome), modes de transformation et de commercialisation (circuits courts) privilégiant la valeur alimentaire et la qualité gustative, variétés locales.

La majorité des paysans de la planète ressèment leurs récoltes et échangent leurs semences et leurs plants. En France, les pratiques des paysans et des jardiniers sont confrontées à une législation étouffante entravant le développement des semences paysannes et de l’agrobiodiversité et en conséquence des modes de production biologiques, autonomes ou « désintensifiés ». La plupart des paysans français ont perdu leur autonomie et leur savoir-faire en matière de semences et de plants, en faveur d’un secteur marchand spécialisé.

Blés et légumineuses en association © photo CBD

 

Contrairement au système « engrais-pesticides » qui impose partout un nombre restreint de variétés, chaque terroir, chaque système agraire, chaque besoin alimentaire ou culturel nécessite sa variété. De plus, les modes de cultures qui sont liés à ces variétés paysannes sont facteurs de préservation des ressources naturelles au sens large, car les plantes tendent vers une utilisation optimale des possibilités du milieu environnant, avec un impact positif sur plusieurs composantes de l’environnement, par exemple en matière de stabilisation des sols ou de biodiversité sauvage ou cultivée.